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La démocratie sociale : une nouvelle manière de gouverner !

 

mercredi 15 mai 2013, par Gwendal Rouillard.

Depuis hier, le projet de loi sur la sécurisation de l’emploi est définitivement adopté. Grâce à ce texte basé sur l’Accord National Interprofessionnel du 11 janvier, François Hollande peut désormais amplifier la mobilisation générale en faveur de l’emploi et replacer les partenaires sociaux au centre d’une politique efficace. Sa démarche est en totale cohérence avec ses engagements pris lors de la campagne présidentielle. Aujourd’hui, cet accord marque une nouvelle façon de gouverner pour la gauche, un tournant dans l’histoire de notre pays et une nouvelle ère pour la démocratie sociale.

Nous souhaitons et nous prônons cette méthode. Notamment en matière d’emploi, les partenaires sociaux doivent trouver les compromis et nous, parlementaires et élu-e-s, devons en être les garants. C’est en basant notre pouvoir législatif sur un accord national majoritaire, c’est-à-dire, en permettant la nécessaire articulation entre démocratie sociale et démocratie politique, que nous pourrons soutenir et réaliser notre objectif premier : inverser la courbe du chômage.
L’ANI est un progrès et un bon compromis. Tout en sécurisant les parcours professionnels de salariés, il permettra aux entreprises de s’adapter efficacement à la conjoncture. De cette façon, c’est le tissu productif dans son ensemble qui évoluera vers une dynamique positive. En effet, si certains secteurs économiques sont amenés à se resserrer, mieux vaut pour les salariés qu’ils soient aidés à se reconvertir dans des filières d’avenir où ils pourront trouver de nouveaux projets professionnels.
Les partenaires sociaux l’ont compris. Si une majorité des syndicats a signé l’accord national, c’est parce qu’il concilie protection des salariés et compétitivité des entreprises. C’est d’ailleurs dans cet esprit qu’un accord a été signé chez Renault au cours du mois de mars et nous saluons cette démarche.
Sécuriser l’emploi de cette façon est la force de l’Allemagne. Quand on regarde l’emploi secteur par secteur, on constate qu’entre 1995 et 2008, pas moins de 3,3 millions d’emplois ont disparu outre-Rhin pour se recréer dans des secteurs différents. Pendant cette même période, nous n’avons transféré en France que 800 000 emplois, ce qui en dit long sur nos difficultés. Ces transferts d’emploi entre secteurs ont permis à l’Allemagne de dynamiser son économie, même si nous restons lucides sur les difficultés sociales de ce pays. Pour nous, la flexisécurité n’est pas un risque de chômage accru, c’est au contraire, un outil pour le combattre.
Ainsi, nous avons acté cet accord et demandons à présent, à nos collègues sénateurs d’en faire de même. Ce n’est qu’à la suite d’un vote définitif de ce texte que nous pourrons engager une nouvelle étape vers plus d’égalité professionnelle et une meilleure prise en compte de la santé et de la pénibilité au travail. C’est de cette manière qu’interviendra une véritable refondation de notre marché du travail qui participera au redressement de notre pays dans la durée.
En parallèle, pour rétablir sa situation, la France devra redéfinir sa politique industrielle et mobiliser l’ensemble des acteurs. C’est pourquoi, comme cela a été enclenché, nous devons mettre en dynamique nos filières dites « stratégiques et innovantes » qui seules permettront de mobiliser efficacement les investissements productifs, tant au niveau national que dans les territoires.
Aujourd’hui, le temps est venu d’engager notre pays sur la voie de la reconquête industrielle conformément aux engagements de notre Président de la République.

A l’Assemblée Nationale

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