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L’Histoire et la Géographie pour former des citoyens

 

mardi 10 avril 2012, par Gwendal Rouillard.

Le mois de juin prochain devrait voir pour la première fois les élèves de Première S passer l’épreuve anticipée d’Histoire – Géographie prévue par la réforme engagée par Xavier DARCOS puis Luc CHATEL en 2008 et 2009.

La réforme relègue en effet au rang d’option l’enseignement de l’histoire-géographie pour les terminales S, soit près de 50% des élèves de l’enseignement général, qui se voient désormais seulement « proposer » 2 heures d’enseignement hebdomadaires.
Je sais l’inquiétude des enseignants, des chefs d’établissement, des parents, des élèves eux-mêmes quant à cette orientation et je la partage complètement ! Deux points sont au centre de nos préoccupations communes :
Tout d’abord, le choix de laisser à la discrétion des Recteurs d’Académie la décision du maintien de l’option au sein d’un établissement scolaire. Cette disposition, si elle était confirmée à la rentrée prochaine, présenterait le risque d’une inégalité de traitement entre les lycées et, de fait, entre les élèves qui doivent pouvoir accéder à une même qualité d’enseignement en France.
Ensuite, la cohérence des programmes d’histoire. A plusieurs reprises, les enseignants d’Histoire – Géographie m’ont dit l’impossibilité pour eux, depuis la réforme, d’articuler entre elles les périodes de l’Histoire ou d’évoquer les causes, parfois éloignées dans le temps, des événements et conflits qui l’ont émaillée. Ces choix ne sont pas neutres d’un point de vue idéologique. A plusieurs reprises au cours du quinquennat qui s’achève, le gouvernement a cru bon de juger de faits historiques, notamment en tentant de légiférer sur des conflits passés douloureux, comme le génocide arménien. L’enseignement de l’Histoire tel qu’il est aujourd’hui pensé relève de la même logique : l’impossibilité d’appréhender les faits dans leur globalité et leur complexité, et un manichéisme sans nuance.

Au-delà des orientations et des choix de carrières professionnelles pour les élèves, l’Histoire et la Géographie sont fondamentales dans la structuration des identités personnelles et collectives. Les jeunes adultes, qui seront privés de ces enseignements, ont pourtant atteint la maturité nécessaire à l’appréhension du monde contemporain, de ses réalités et de ses enjeux. A l’avenir, il est impensable de les priver de connaissances indispensables à la construction de leur citoyenneté.

Lien :

http://www.aphg.fr/actualites-pdf/120130-manifeste-etats-generaux-hg.pdf

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